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Fiscalité locale : les patrons de PME réclament la poursuite des réformes

Samedi 21 mai 2011

La réforme de la fiscalité locale qui se concrétise cette année n’a guère entamé les revendications des représentants des entreprises. La CGPME réclame ainsi des aménagements sur de nombreuses taxes locales, dont la contribution économique territoriale. Mais aussi par exemple sur la taxe locale sur la publicité extérieure.

Lors d’un débat entre ses adhérents et des parlementaires, le 18 mai à Paris, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a incité les pouvoirs publics a poursuivre l’effort de modernisation de la fiscalité, en se penchant sur la « multitude des taxes locales » (la CGPME en dénombre une cinquantaine). Des taxes locales qui sont « souvent synonymes de confusion pour les entreprises ». Et qui, assurent les patrons de PME, présentent l’inconvénient majeur… de s’alourdir d’année en année (+ 25% entre 2005 et 2009) au détriment de la compétitivité des entreprises françaises.
Dans un document présenté lors de la rencontre (à télécharger ci-contre), la CGPME émet 24 propositions destinées, donc, à réviser les règles de diverses taxes locales afin de « préserver la compétitivité des entreprises et, in fine, le rendement des collectivités locales ».
Toute neuve, la taxe locale sur la publicité extérieure (TPLE) est déjà très critiquée par les PME. Dans leur collimateur : le système déclaratif sur lequel est basée la taxe. Tout en étant « de bonne foi », les exploitants « peuvent faire des déclarations inexactes compte tenu de la complexité des barèmes », souligne la CGPME. La solution serait, selon elle, la rédaction d’une déclaration-type unique, sur laquelle les redevables trouveraient l’ensemble des informations à fournir aux collectivités. L’affichage des informations obligatoires (telles que les prix, les horaires, les moyens de paiement acceptés), de même que les informations signalétiques, seraient clairement exonérées de la TLPE, alors qu’aujourd’hui certaines collectivités les intègrent dans l’assiette de la taxe.

La révision des valeurs locatives : très redoutée

S’agissant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom), la CGPME propose d’exonérer de plein droit les entreprises qui ont recours à une société privée. Par ailleurs, elle appelle les collectivités à tenir compte, dans l’assiette de la Teom, du volume des déchets, comme les y autorise la loi Grenelle 2.
On sait que les collectivités locales réclament des ajustements dans la mise en oeuvre de la contribution économique territoriale (CET) qui a remplacé la taxe professionnelle. C’est le cas aussi des entreprises. Celles-ci demandent des dégrèvements sur une période de dix ans et non cinq, au profit des entreprises à forte intensité de main-d’oeuvre (le secteur de l’intérim par exemple) dont la plupart ont vu leur impôt augmenter du fait de la réforme. Par ailleurs, elles réclament une simplification drastique du dispositif de déclaration de leurs effectifs servant au calcul de la contribution sur la valeur ajoutée (CVAE).
A partir des réponses de 210 PME, la CGPME calcule que le montant de la CET versé en 2010 a été inférieur en moyenne de 20% au montant de la taxe professionnelle de 2009. Les principaux bénéficiaires sont les très petites entreprises de l’artisanat, tandis qu’une majorité d’entreprises de taille moyenne déclare ne pas bénéficier d’allègement de fiscalité. Si globalement, les entreprises ont enregistré un gain, elles ont cependant peur que celui-ci soit gommé, à partir de 2014, par la révision des valeurs locatives des locaux professionnels. Elles défendront par conséquent la mise en place d’un mécanisme de lissage des hausses éventuelles de fiscalité consécutives à l’opération.

Associations : Péril en la demeure

Lundi 21 février 2011

Nous reproduisons ici un texte du vice-président et de l’administrateur de la Fonda portant sur la reconnaissance réelle du rôle des associations, au moment où la réduction des moyens qui leur sont données, et l’accroissement des contraintes réglementaires fragilise leur action. La Fonda est une association dont l’objectif est de valoriser et promouvoir les initiatives citoyennes en faveur du développement économique, social et démocratique de notre société.

Les travaux de la FONDA ont souligné, à de très nombreuses reprises, l’importance du tissu associatif pour notre société, notamment dans les champs de l’action sanitaire et sociale, de la culture, du sport, de l’éducation populaire. Ce sont le plus souvent les associations qui oeuvrent au premier rang. Leur liberté d’action, leur capacité d’initiative et d’innovation sont un élément fort du dynamisme de notre société. Les associations sont d’autant plus fortes et efficaces qu’elles évitent d’être instrumentalisées par leur(s) financeur(s), surtout s’il est unique ou dominant, et qu’elles ont la capacité de se regrouper, au niveau national comme au niveau régional, pour mutualiser leurs ressources humaines et peser dans le débat politique et social. Or, depuis déjà de nombreuses années, les relations entre les pouvoirs publics et les associations connaissent des évolutions structurelles lourdes de conséquences sur leur financement et, à terme plus ou moins rapproché, sur la survie de certaines d’entre elles. Ces évolutions tiennent à la conjoncture budgétaire de l’Etat et à celle des collectivités territoriales et tiennent aussi à des réformes plus profondes comme celles consistant à supprimer la clause de compétence générale des départements et des régions ou bien induites par la réglementation européenne relative aux aides publiques.

- Les contraintes budgétaires de l’Etat

Pour sa part, l’État réduit drastiquement ses subventions. Cela est vrai pour les crédits du Titre IV, les plus faciles à réduire, dans une situation budgétaire dont nul n’ignore les difficultés. Ce mouvement, entamé depuis plus de 20 ans, s’est considérablement accentué ces derniers mois. Pour procéder à ces réductions, l’État s’appuie souvent sur la politique dite « de révision générale des politiques publiques » à la suite d’audits qui, dans la plupart des cas, n’ont pas été menés dans la transparence non plus que dans le respect des règles de la procédure « contradictoire ».

Cette réduction des subventions de l’État prend souvent la forme d’une suppression de nombreux postes Fonjep, mode particulièrement efficace d’aide aux petites associations et à leurs regroupements. Elle touche particulièrement les regroupements associatifs, en se masquant derrière la priorité aux associations de terrain, alors même que la plupart d’entre elles ne peuvent développer leurs actions que si elles ont l’appui et le soutien d’unions ou de fédérations nationales ou régionales. Sinon, seuls les plus riches peuvent s’en tirer.

2 – Les contraintes budgétaires des collectivités

Cette réduction intervient à un moment où les collectivités locales, touchées par les conséquences de la crise, notamment dans le domaine immobilier, voient leurs recettes diminuer et diminuent par répercussion les subventions qu’elles versent. Parallèlement, le fait que les lois de décentralisation successives se soient traduites par des transferts de charges sans transfert intégral des recettes correspondantes, a contraint un grand nombre d’entre elles à augmenter leur taux d’imposition. De son côté, le budget de l’action sociale pesant principalement sur les départements a considérablement augmenté et devrait encore s’accroître par l’effet de la réforme annoncée de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).

Enfin, la réforme de la taxe professionnelle, effective depuis le 1er janvier 2010, devrait à terme avoir des répercussions sur les subventions allouées aux associations, particulièrement en zone rurale ou semi-rurale. Cette réforme dont la finalité est de réduire la charge fiscale pesant sur les entreprises, s’est traduite par l’instauration de deux impôts nouveaux : la cotisation foncière des entreprises (CET), assise sur la valeur locative des immeubles et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) assise sur la valeur ajoutée de celles-ci. La réunion des deux constitue la contribution économique territoriale remplaçant la taxe professionnelle dont l’assiette reposait sur l’ensemble des immobilisations. Si du fait de la taxe professionnelle pesait principalement sur les entreprises industrielles, la CVAE pèse davantage sur celles à forte valeur ajoutée. Or, les premières sont plus souvent localisées dans des zones semi-rurales et dans les communes et communautés de communes de petite et moyenne importance, alors que les secondes se trouvent dans des villes plus importantes. La réforme devrait donc favoriser ces dernières.

Toutefois et afin d’éviter une perte de recettes trop importante pour les premières, la loi a prévu un système de compensation intégrale par l’Etat en 2010, et à partir de 2011, grâce à un système « de garantie individuelle des ressources ». Mais cette compensation (dont le gel sur 3 ans annoncé) pèse déjà lourdement sur le budget de l’Etat. Il ressort d’un rapport Durieux (chargé d’évaluer les premiers effets de la réforme) que si la pression fiscale pesant sur les entreprises s’est allégée de 6,6 milliards d’euros, la contrainte du budget de l’Etat a été augmentée d’autant (et de plus de 1 milliard d’euros par rapport aux prévisions initiales).

Garantir la pérennité de cette compensation intégrale est donc sans doute à terme illusoire dans le contexte budgétaire actuel. La plupart des élus territoriaux s’inquiète déjà de sa disparition totale ou partielle. Celle-ci s’accompagnerait d’une diminution importante de recettes pour certaines communes ou communautés de communes de petite ou moyenne importance qui n’auraient alors d’autres choix que d’augmenter leurs impôts (et le budget des contribuables de ces communes est loin d’être extensible) ou de diminuer leurs dépenses. Le plus facile serait naturellement d’amputer les budgets d’intervention au détriment des associations.

3 – La réforme des collectivités territoriales

La troisième menace, tout aussi grave, est la suppression de la clause de compétence générale pour les départements et les régions. De très nombreuses associations développent leurs initiatives dans les domaines social et culturel, en particulier parce qu’elles ont plusieurs sources de financement.

Les réduire drastiquement à un seul financeur mettra très probablement en péril leur fonctionnement. Par ailleurs la suppression des financements croisés accroitra certainement les risques « d’instrumentalisation » de nombreuses associations, dont l’indépendance est souvent liée à l’existence de plusieurs sources de subvention. Souvenons-nous du ministre de la Culture qui affirmait « on ne peut tendre la sébile et lancer un cocktail Molotov ». Les responsables associatifs ne jettent pas de cocktail Molotov. Ils souhaitent seulement garder leur regard critique et leur capacité d’innovation, tout en demandant à bénéficier de subventions pour leur action au service du plus grand nombre.

4 – Les incidences du droit communautaire

La circulaire du Premier Ministre du 18 janvier 2010 relative aux relations entre les pouvoirs publics et les associations avait pour objectif de simplifier et de clarifier celles-ci. Tous ceux qui ont eux le courage de s’y plonger ont pu constater que cet objectif n’était pas totalement atteint. Elle concerne en premier lieu l’application aux associations de la réglementation européenne relative aux aides publiques, laquelle a vocation à concerner la grande majorité des associations désireuses d’obtenir un soutien financier d’une autorité publique dès lors qu’elles exercent une « activité économique », au sens communautaire du terme.

Au-delà d’une aide de 200 000 euros sur une période de 3 ans, l’association doit justifier qu’elle est explicitement chargée de l’exécution d’une obligation de service public et que la compensation financière est strictement proportionnée au coût occasionné par l’exécution de ladite obligation. Dans cette hypothèse, l’autorité publique doit notifier le concours financier envisagé à la commission européenne, sauf lorsque l’aide n’excède pas 30 millions d’euros par an ou que l’association a été retenue à l’issue d’une procédure de marché public ou dans le cadre d’une délégation de service public. Dans le cas où l’association perçoit un concours supérieur à 23 000 euros, celui-ci doit faire l’objet d’une convention pluriannuelle d’objectifs.

La circulaire distingue deux cas de figure :
- soit l’association est à l’initiative du projet et elle peut percevoir une subvention ;
- soit la collectivité est à l’origine de celui-ci et l’on doit respecter soit la procédure d’appel d’offres propre aux marchés publics soit celle spécifique à la délégation de service public. Dans la période de fin d’année où un grand nombre d’associations est en train de négocier ses aides pour l’exercice 2011, il est fort à parier que cette « simplification » ne conduise un certain nombre de collectivités à la prudence ou donne l’occasion à certaines d’entre elles de remettre en cause les aides régulièrement renouvelées depuis de nombreuses années. D’autres menaces ont été écartées – temporairement ?

Pour les associations (et les fondations), l’assimilation affirmée pour certains du caractère de « niche fiscale » des dons faits à celles d’entre elles qui font appel à la générosité du public est un pur mensonge. Les dons versés ne sont qu’une autre façon de payer l’impôt.

Remettre en cause la déduction fiscale au moment même où les subventions de l’État et des collectivités locales sont en réduction entrainerait la mise en faillite de très nombreuses structures et mettrait en péril notre tissu social. Ceci étant, de telles évolutions seraient dans la ligne du dédain que manifestent certains décideurs à l’égard du monde associatif. Il suffit de regarder les conditions dans lesquelles ont été effectuées des récentes nominations au Conseil économique, social et environnemental !

RESOLUTION GENERALE : 93ème congrès des maires et présidents de communautés de France

Samedi 27 novembre 2010

93ème congrès des maires et présidents de communautés de France

RÉSOLUTION GENERALE

Le Congrès des maires et présidents de communautés de métropole et d’outre-mer s’est tenu cette année dans un contexte marqué par deux réformes d’ampleur (mesures financières et réforme territoriale) qui ont suscité des inquiétudes et des interrogations tout au long des débats. L’AMF, dont la force est de rassembler toutes les communes et intercommunalités, quelle que soit leur taille, permet l’expression de toutes les sensibilités dans le respect du pluralisme, ciment de son unité. Son bureau est le garant vigilant du dialogue républicain.

Sur la réforme territoriale, l’AMF souligne les avancées renforçant l’intercommunalité dans le respect de l’identité communale, auxquelles elle a contribué. Toutefois, les débats, tant au sein de ses instances que dans les ateliers, ont mis en évidence des appréciations très différentes sur ces réformes : en effet, pour de nombreux maires, elles constituent des régressions qui bouleversent et détériorent considérablement le paysage territorial. Cependant, au-delà de ces divergences, le Congrès, s’appuyant sur les principes de l’AMF, se rassemble pour faire connaître aux pouvoirs publics les préoccupations et propositions des communes de France et de leurs intercommunalités.

Dans le contexte de ces récentes réformes, notre association a été particulièrement active et efficace afin d’éviter que ces textes n’entravent la liberté d’action de nos communes et de leurs intercommunalités. Il n’en demeure pas moins qu’ils modifient substantiellement l’organisation territoriale, et ce, sur fond de crise économique et sociale qui rend la vie de nos concitoyens de plus en plus difficile et en attente forte de services publics.

Le Congrès en appelle donc au gouvernement et au Parlement pour que les communes et leurs intercommunalités retrouvent les indispensables marges de manœuvre sur les moyens nécessaires à leur action, qu’ils soient financiers ou humains, afin de maintenir la cohésion sociale et permettre le développement harmonieux de tous les territoires, en métropole comme en outre-mer.

Le Congrès attire donc également l’attention de l’Etat sur les effets dus à la diminution de ses moyens d’intervention sur l’action des collectivités locales et en appelle à la solidarité nationale et territoriale pour que les services publics continuent d’être assurés.

1. Garantir aux communes et aux intercommunalités les moyens de leur action

Dans le contexte difficile, national et international, les finances des collectivités locales se sont dégradées ces dernières années. Selon l’Observatoire des finances locales, « le resserrement des marges de manœuvre financières des collectivités locales s’est amplifié en 2010 et devient préoccupant. Pour le bloc local, l’écart croissant et cumulé entre l’évolution structurelle des dépenses et celle des dotations aura des effets tant sur les capacités d’autofinancement que sur le niveau d’investissement. »

C’est pourquoi nous souhaitons notamment que :

-       les collectivités locales retrouvent des marges de liberté et que soient assouplies les règles de liaison des taux ;

-       les ressources de remplacement soient indexées et garantissent, dans la durée, l’évolution des moyens ;

-       soit supprimée la prise en charge par les collectivités du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée ;

-       soit rétabli, au plus vite, le niveau d’autonomie fiscale existant avant la réforme de la taxe professionnelle.

-       la suppression de la taxe professionnelle n’ait pas d’incidence sur les ménages ;

-       les financements partagés en investissement et fonctionnement soient préservés.

Conscient des difficultés auxquelles l’Etat est confronté, liées à la crise et au déficit public, le Congrès tient cependant à rappeler que nos collectivités, elles aussi confrontées aux conséquences de la crise, et qui ne sont pas en déficit, sont, par leurs investissements, les principaux soutiens de l’activité économique et qu’à ce titre, leur capacité d’action doit être préservée.

1.1. Rester maîtres de leurs dépenses

Le Congrès prend acte avec satisfaction de l’engagement du gouvernement à maîtriser les normes réglementaires qui s’imposent aux collectivités et aggravent leurs dépenses, et demande qu’il n’y ait pas de décalage entre les déclarations et la réalité. Il souhaite que les normes soient justement proportionnées à leurs objectifs et puissent s’adapter aux spécificités locales. Il appelle notamment l’attention de l’Etat sur les réglementations souvent excessives imposées par certaines fédérations sportives.

Le Congrès s’oppose fermement à toute nouvelle tentation de transfert de compétence, sans compensation équitable.

1.2. Rester maîtres de leurs recettes

Si le Congrès attend que l’Etat n’augmente pas unilatéralement les dépenses des communes et des intercommunalités, il souhaite également que les élus puissent continuer à gérer leurs ressources de manière autonome et responsable.

Le Congrès déplore, par conséquent, dans le cadre de la réforme de la taxe professionnelle, le remplacement d’une part d’impôts locaux économiques par des dotations financières, ce qui revient à diminuer leur autonomie fiscale, c’est-à-dire à amoindrir leur liberté d’administration.

En ce sens, il s’oppose avec détermination à tout critère de bonne ou mauvaise gestion défini par l’Etat qui conditionnerait l’attribution de dotations. En effet, seuls les conseils élus, conscients de leurs responsabilités, sont légitimes pour définir l’opportunité de leurs actions et modes de gestion en fonction de leur spécificité locale.

Le Congrès regrette le gel annoncé des concours financiers de l’Etat qui sera préjudiciable à l’action des communes et des communautés, et demande que cette décision soit réexaminée avant chaque projet de loi de finances initial, dans le cadre des instances nationales de concertation (Conférence nationale des exécutifs, Comité des finances locales). Par ailleurs, notre objectif est de garantir aux collectivités une évolution positive de leurs ressources afin qu’elles puissent faire face à leurs obligations. Il souligne par ailleurs les moyens nécessaires à mettre en place pour améliorer l’autonomie financière des communes d’outre-mer.

Il constate avec satisfaction l’engagement de la réflexion sur une véritable péréquation entre collectivités et souhaite continuer d’y être étroitement associé. En outre, la péréquation horizontale ne saurait remplacer la péréquation verticale. A ce titre, l’Etat doit pleinement participer à la correction des injustices territoriales.

Le Congrès réaffirme la disponibilité de l’AMF à collaborer à la révision des valeurs locatives des locaux d’activité, premier pas vers une révision de l’ensemble des valeurs locatives qu’il appelle depuis longtemps de ses vœux.

1.3. Rester maîtres de leurs ressources humaines

Les collectivités locales ne peuvent agir efficacement sans des ressources humaines adaptées et compétentes. Le Congrès s’oppose fermement à toute ingérence de l’Etat dans la gestion des recrutements des communes et intercommunalités. Elles sont, en vertu de la Constitution, libres de s’administrer et ne pourraient accepter de se voir imposer une règle consistant à ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite.

2. Garantir à tous les territoires, en métropole comme en outre-mer, le maintien ou le développement des services aux citoyens

2.1. Garder la maîtrise de la réforme territoriale

Le Congrès note avec satisfaction la préservation de l’identité communale, la démocratisation de l’intercommunalité et le maintien de la clause générale de compétences pour les communes. Il s’inquiète toutefois de l’impact négatif que pourrait avoir l’affaiblissement des niveaux départemental et régional sur les actions du bloc local, notamment en matière de financements partagés dans le cadre de la solidarité territoriale.

Le Congrès réaffirme avec force la volonté des communes de garder la maîtrise de leur territoire. La coopération intercommunale, indispensable à l’efficacité de l’action territoriale, est et doit rester un outil au service des communes. C’est pourquoi ces dernières doivent être maîtresses de la rationalisation de la carte intercommunale et décider ce qui, selon elles, relève ou non d’un transfert de compétence à l’intercommunalité. Compte tenu du rôle que seront appelées à jouer les associations départementales de maires, le Congrès revendique que l’AMF soit associée à la rédaction du décret qui définira la composition des commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI).

2.2. Permettre aux territoires ruraux d’accéder à tous les services

Le Congrès rappelle la contribution de l’AMF aux Assises des territoires ruraux et attend de l’Etat qu’il respecte les engagements qu’il a pris dans la Charte des services publics en milieu rural de 2006. Malheureusement, dans ces deux domaines, peu de semaines ne se passent sans que de nouveaux services publics soient affaiblis ou supprimés.

Le Congrès considère que l’accès au très haut débit (THD) est aussi vital pour les territoires que l’étaient l’eau et l’électricité aux siècles derniers. Il est indispensable pour garantir le maintien et le développement du tissu économique local. Il s’oppose à toute fracture numérique et souhaite des mécanismes de solidarité et de péréquation pour l’équipement des zones non rentables délaissées par les opérateurs privés.

En matière de transport, le Congrès réaffirme le droit à la mobilité pour tous et le nécessaire désenclavement des territoires, dont certains sont encore trop peu accessibles par les transports collectifs. Il  demande en conséquence que le schéma national des infrastructures de transports en cours d’élaboration prenne en compte cet objectif. Dans ce cadre, il se montrera vigilant sur les moyens de  maintenir des transports ferroviaires de voyageurs de qualité. Se félicitant de la mobilisation financière de l’Etat en faveur des transports urbains, suite au Grenelle de l’environnement, le Congrès estime que leur développement nécessite la recherche de nouvelles sources de financement, comme la décentralisation et la dépénalisation du stationnement payant.

Alors que la population vieillit, les maires constatent avec inquiétude le creusement des inégalités territoriales et sociales devant l’accès aux soins. Engagés en faveur d’une meilleure offre de soins, notamment en favorisant l’installation des médecins dans les zones défavorisées, ils entendent contribuer activement à l’organisation territoriale de la santé en étant réellement associés aux décisions et soutenus dans leurs projets.

2.3. Donner les moyens d’un aménagement optimal des territoires

Le Congrès se félicite du rôle attribué au SCOT pour promouvoir une gestion des territoires et des activités qui s’y exercent, conforme aux principes  d’un développement durable,  et en particulier d’une consommation de l’espace plus et mieux maîtrisée. Dans le domaine de l’urbanisme réglementaire, le Congrès estime nécessaire une réforme qui simplifie, pour les communes, le régime des autorisations de construire et leur instruction.

Plusieurs événements naturels dramatiques sont venus rappeler cette année les risques auxquels nos concitoyens sont exposés. Pour y faire face, le Congrès demande instamment à l’Etat son aide sur l’ingénierie technique nécessaire à l’élaboration des plans communaux de sauvegarde. Il revendique une véritable culture partagée de la gestion du risque, dans l’élaboration des plans de prévention comme dans la maîtrise de la vulnérabilité des territoires. Plus particulièrement, concernant les suites de la tempête Xynthia, les élus des collectivités littorales demandent à être associés à toutes les décisions qui seront prises pour la prévention des submersions marines et l’élaboration du Plan digues. Les élus demandent instamment l’installation rapide du Conseil national de la mer et des littoraux créé par la loi Grenelle 2.

Plus généralement, le Congrès déplore un désengagement des services de l’Etat de l’ingénierie publique, qui aboutit à une perte de savoir-faire sans qu’une nouvelle ingénierie  ait eu le temps de se mettre en place. Il considère également que l’appui de l’Etat  au travers de l’ATESAT est nettement insuffisant en termes de moyens comme en qualité.

Enfin, parce que le développement économique est le seul à pouvoir faire vivre les territoires, le Congrès souhaite que les moyens soient donnés aux communes et aux intercommunalités de développer les activités liées à l’authenticité des territoires. Il sollicite également le maintien des dispositifs de défiscalisation (ZRR) pour création d’entreprises en milieu rural.

2.4. Accompagner les politiques locales de développement durable

Dans le prolongement de la charte des maires pour l’environnement, élaborée en 2007, le Congrès réaffirme son engagement à contribuer aux objectifs du Grenelle de l’environnement. L’efficacité de son action sera d’autant plus grande qu’elle bénéficiera de leviers. Ainsi, la politique de rénovation thermique des bâtiments des communes doit trouver appui sur les propositions du plan Bâtiment Grenelle, notamment la création d’un « fonds carbone » à destination des communes.

Par ailleurs, le Congrès confirme son attachement à la mise en œuvre effective d’une contractualisation entre les communes et l’Etat sur la base des agendas 21 locaux, comme le prévoient les lois Grenelle. Il rappelle le rôle essentiel des collectivités locales pour sensibiliser et inciter nos concitoyens à adopter de nouveaux comportements.

3. Maintenir la cohésion sociale

Alors que l’impact social de la crise économique se traduit par un accroissement de la précarité des citoyens, les communes et les communautés craignent de ne pas avoir les moyens d’assurer leur mission de cohésion sociale.

3.1. Maintenir la participation de l’Etat dans les politiques de solidarité nationale

Le Congrès regrette la diminution des financements de l’Etat alloués aux contrats aidés qui restent un outil indispensable de maintien dans l’emploi des personnes fragilisées.

Il s’inquiète aussi de la baisse du financement des associations à vocation sociale, qui sont essentiellement financées sur fonds publics et peinent à trouver d’autres recettes.

Il prône le développement d’une économie sociale et solidaire, dont les dispositifs existants gagneraient à être davantage connus et soutenus dans la durée.

Le Congrès exprime sa préoccupation particulière à l’égard des jeunes dont l’insertion sociale et professionnelle s’avère de plus en plus difficile, notamment dans les départements et collectivités d’outre-mer.

Face à la crise du logement qui touche de nombreux territoires, le Congrès appelle à l’élaboration d’un nouveau plan de cohésion sociale. Il insiste à nouveau sur la nécessité de cibler le financement de l’Etat sur la construction de logements accessibles et prend acte de l’engagement de l’Etat de mieux caler l’offre aux besoins tant en terme géographique que social, dans la mesure où serait maintenue une production de logements locatifs sociaux ou accessibles dans les zones non tendues. Cependant, il constate la diminution des crédits de paiement et exprime sa vive inquiétude devant le recours à une contribution qui pénaliserait la trésorerie des organismes HLM.

Rappelant à l’Etat que le logement social, notamment au travers du DALO, relève de sa compétence, le Congrès réitère son attachement au dispositif dédiant prioritairement l’épargne collectée sur les livrets A au financement du logement social.

En matière d’éducation, domaine de compétence partagé, le Congrès renouvelle son souhait d’une concertation à la fois plus forte et stable, que ce soit sur la carte scolaire ou le développement du numérique dans les écoles. Il demande que la réflexion menée actuellement sur les rythmes scolaires soit globale, portant sur l’année scolaire, afin qu’un compromis pérenne puisse être adopté, prenant en compte les besoins des élèves et les contraintes des communes.

3.2. Relancer la politique de la ville

Le Congrès confirme sa demande antérieure d’une loi ANRU 2 davantage liée aux politiques sociales. Il se félicite à ce titre de l’accord passé entre l’ANRU et l’ACSE.

Il interroge l’Etat sur le devenir des zones franches urbaines (ZFU) qui ont constitué le plus souvent des dispositifs efficaces dans les quartiers d’habitat social. Le Congrès prend acte d’un prolongement  des CUCS (contrats urbains de cohésion sociale) jusqu’en 2014, mais souhaite que des dispositions de soutien, transitoires, soient fixées pour  les quartiers et les communes qui ne bénéficieraient plus de contrats après cette date.

Il réaffirme sa conviction selon laquelle la politique de la ville relève d’une compétence partagée entre les communautés et leurs communes membres et défend, pour les populations des quartiers concernés, le principe d’une mobilisation plus forte des politiques de droit commun de l’Etat.

3.3. Garantir la sécurité de nos concitoyens

Le Congrès rappelle que la sécurité des citoyens est l’affaire commune de l’Etat et des collectivités territoriales, mais avec des responsabilités bien distinctes.

Dans ce domaine, le Congrès appelle à un véritable partenariat entre les services des collectivités et ceux de l’Etat, dans le respect des compétences de chacun. Il rappelle son attachement vigilant au maintien des effectifs et à la présence des services de l’Etat sur le terrain.

Le Congrès souligne le rôle essentiel des maires dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques locales de prévention et s’oppose fermement à toute injonction de l’Etat dans la fixation de leurs modalités. Il souhaite notamment que le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ne soit pas prioritairement axé sur la vidéosurveillance, qui doit rester un choix pour chaque collectivité.

4. Agir dans un cadre européen et mondial

Le Congrès, attaché à l’action locale dans un cadre européen, revendique une meilleure association à l’élaboration des réglementations et des programmes communautaires, en partenariat avec les autres associations d’élus.

Il exprime sa volonté de voir maintenu le lien entre l’Europe et le citoyen et demande que ce lien soit au centre des politiques européennes comme la relance du marché intérieur ou encore l’avenir de la  politique de cohésion.

Le Congrès appelle de ses vœux une réglementation européenne qui protège les services sociaux d’intérêt général et exprime son inquiétude face à l’inclusion de l’accueil de la petite enfance dans le champ d’application de la directive européenne dite « services ». Il craint qu’à terme, la France se voie contrainte d’assouplir les normes d’encadrement et de fonctionnement qui garantissent aujourd’hui la sécurité et la qualité de ce service.

Il attend de l’Europe qu’elle continue à favoriser, par ses aides, la dynamisation de nos territoires les plus fragiles, en particulier les espaces ruraux, de montagne, les banlieues et les territoires ultra-marins.

Enfin, le Congrès souligne l’importance croissante du rôle des collectivités locales au niveau international. Il rappelle le rôle de ces dernières dans le développement économique, social, environnemental, comme dans le processus de décentralisation de nombreux pays grâce à la coopération décentralisée, ainsi que l’essor reconnu de la diplomatie des villes.

A ce titre, le Congrès confirme son attachement à l’expansion des politiques de développement durable, à l’exemple de celles menées par les collectivités d’outre-mer.

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Le Congrès considère que l’année 2011 devra être mise à profit pour proposer une véritable et ambitieuse 3° étape de la décentralisation.

Il demande au bureau de l’AMF de travailler à l’élaboration d’un « Pacte pour les communes et communautés de France» qui sera soumis à l’ensemble des candidats aux élections présidentielles, afin qu’ils s’engagent clairement sur de nouvelles et nécessaires avancées de la décentralisation.

A l’évidence, la gravité de la situation et l’ampleur des réformes indispensables nous conduisent à l’action. L’AMF, force de propositions et d’innovation, entend ainsi, parce que c’est sa vocation première, être un acteur majeur de la rénovation de la démocratie locale au service de nos territoires et de leurs habitants.

Le Congrès réaffirme l’AMF comme un partenaire responsable et exigeant afin que l’action publique locale soit toujours en mesure de répondre aux attentes et besoins de nos concitoyens, dans la complémentarité de l’action nationale. Pour réaliser cette mission publique essentielle, il en appelle à une collaboration constructive et respectueuse de la part de l’Etat. Il souhaite qu’une Conférence nationale des exécutifs renouvelée soit la véritable instance de concertation entre les élus et l’Etat et que les moyens lui soient donnés pour exercer pleinement et efficacement ce rôle.