Le chef de l’Etat envisage de moduler les dotations des collectivités territoriales
Mardi 31 janvier 2012Le président Nicolas Sarkozy a évoqué, le 29 janvier 2012, la possibilité pour l’Etat de « moduler » ses dotations aux collectivités territoriales, gérées en majorité par la gauche, en les appelant à « un effort de discipline » budgétaire. Le 30 janvier, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a expliqué qu’une « concertation » était prévue avec les collectivités locales avant l’éventuelle mise en oeuvre d’une modulation de leurs dotations pour réduire la dépense publique, comme évoqué dimanche par le chef de l’Etat.
« Il y a trois facteurs de déficit », a souligné le chef de l’Etat au cours d’une interview télévisée: « l’Etat, on s’en occupe, la sécurité sociale qui a fait des efforts considérables, sur la réforme des retraites. Reste les collectivités territoriales », a-t-il dit, alors qu’il doit rencontrer leurs représentants en février.
« Nous envisageons un certain nombre de mesures. Peut-être même faudra-t-il jusqu’à se demander si on ne devrait pas moduler les dotations » de l’Etat aux collectivités « en fonction de leur sagesse en la matière », a-t-il poursuivi, « pour que personne ne puisse s’exonérer d’un effort de discipline ».
Ce qui sonne comme une menace…
Selon Claude Guéant, qui s’exprimait sur LCI, « Il y a aujourd’hui une anomalie: c’est que l’Etat serre la vis pour ce qui le concerne, il fait des économies considérables, mais les collectivités locales ne le font pas ».
« Nous allons discuter avec elles et je pense que nous pouvons trouver un certain nombre de responsables de bonne volonté pour nous permettre d’arriver dans la concertation. Sinon, nous pourrions moduler les dotations afin de parvenir à une meilleure discipline collective » en matière de dépense publique, a ajouté le ministre de l’Intérieur.
« Pas de collectivités sous tutelle »
« Il n’est pas question de mettre les collectivités locales sous tutelle. Ce serait contraire à la Constitution », a-t-il précisé.
Parlant de « divergence fondamentale entre les deux programmes » de François Hollande et Nicolas Sarkozy, M. Guéant a relevé que le président voulait « donner de la compétitivité à notre pays » et pensait que « la richesse doit être créée par les entreprises ».
Le candidat socialiste à la présidentielle « propose des stages parking » pour résoudre les problèmes d’emploi, a-t-il dit, en référence aux emplois d’avenir pour l’insertion des jeunes proposés par M. Hollande.
A propos du calendrier des réformes annoncées par Nicolas Sarkozy à trois mois de la présidentielle, M. Guéant a souligné qu’ »il n’était pas possible de faire la même année la réforme des retraites et ce qui est prévu en ce moment avec une augmentation du taux de la TVA et l’allègement des charges ». « Maintenant nous sommes au pied du mur, il faut le faire », a-t-il insisté, après avoir rappelé que « le président n’a pas été élu pour quatre ans et demi » mais « pour cinq ans ».
Enfin, il a répété qu’il trouvait François Bayrou « idéologiquement proche » de l’UMP, même s’il « n’est pas aimable ».