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Vers un acte III de la décentralisation

Lundi 7 mai 2012

Un « pacte de confiance » est promis aux élus, mais pas d’augmentation des dotations. Les régions seront renforcées.

« Moi, président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés. » Lors du débat avec Nicolas Sarkozy, mercredi soir, François Hollande a réitéré sa promesse de réforme des territoires. Face au discours appelant à réduire les dotations et les effectifs des collectivités martelé par l’UMP, François Hollande a dessiné un « pacte de confiance », tout en prévenant par avance que les ressources des finances publiques ne permettront pas d’augmenter les dotations pendant le quinquennat.

Plus de pouvoirs aux régions

Formellement, un ministère de l’Egalité territoriale devrait être créé, et l’acte III de la décentralisation doit être présenté au Parlement avant la fin de l’année. Le Sénat a lancé les états généraux de la décentralisation. Un questionnaire a été envoyé aux élus et les 22.000 réponses sont en cours d’analyse par la Sofres. L’acte III supprimera d’abord le conseiller territorial créé par la très contestée réforme territoriale.

Il devrait aussi créer un haut conseil des territoires, rassemblant des représentants du Sénat et des associations d’élus, et regroupant notamment les actuels Comité des finances locales et Commission consultative d’évaluation des normes. Elle devrait ensuite accorder aux régions plus de pouvoirs. « Les régions doivent être responsables de l’innovation et prendre en main les questions d’emploi et de formation », a affirmé récemment Alain Rousset, président de l’Association des régions de France (ARF).

Leurs schémas régionaux d’aménagement du territoire doivent devenir prescriptifs, prônent certains, tandis que d’autres évoquent un pouvoir quasi normatif pour adapter au cas par cas un certain nombre de lois à la réalité des territoires. De leur côté, les départements espèrent un geste du gouvernement face à l’augmentation des dépenses sociales liées à l’augmentation du nombre de personnes en fin de droits demandant à bénéficier du revenu de solidarité active. Taxe spécifique ? Part supplémentaire de CSG ? Augmentation de la CRDS ? Les débats font rage.

Autre dossier chaud : l’agence de financement des collectivités. Les associations d’élus militent pour que les dispositions législatives la concernant soient inscrites dans le texte de loi sur les banques.

JULIE CHAUVEAU, Les Echos

APPEL AUX CANDIDATS ET AUX ELUS

Vendredi 4 mai 2012

NOUS SOMMES EN DANGER EN DANGER DE MORT !

Je voudrais profiter de cette période riche en échanges, débats et rencontres en tous genres pour interpeller les candidats et les élus des deux chambres du Parlement mais aussi les élus des collectivités territoriales.

Je voudrais leur dire à quel point le monde associatif est en danger alors qu’il est l’un des piliers incontournable de l’éducation citoyenne, de la paix sociale et de la construction de l’avenir.

La situation des associations d’Education Populaire est grave.

Ce tissu d’engagés volontaires et de salariés est plus qu’indispensable à la construction de notre société.

Chacune des associations, dans son domaine, apporte une pierre complémentaire qui fait que l’éducation et l’accompagnement des jeunes et de leurs familles ne sont pas que des mots mais bien des actes et des réalités du quotidien.

Un exemple : chaque jour, l’association des Pupilles de l’Enseignement Public, les PEP, sont interpelés par des enseignants qui n’acceptent pas que certains de leurs élèves soient trop peu habillés ou insuffisamment nourris. Oh, non pas parce que la vue de ces gamins leur fait pitié. Non ! Parce qu’ils savent que, lorsqu’un enfant à froid ou faim, son cerveau ne peut pas être disponible pour un temps d’éducation, un temps d’élévation, en référence au sens du mot « élève ».

Cette association cherche à accompagner ces enseignants et leurs élèves ; elle répond aussi bien que possible à leur demande. Mais, plus les années passent, moins elle est en capacité de répondre.

On pourrait citer quasiment à l’infini la liste des problèmes qui sont posés quotidiennement. Ce ne sont surtout pas des problèmes de charité qui sont à régler et ce ne sont  pas que des problèmes de solidarité. Ce sont des problèmes d’accompagnement ! Et, pour accompagner, il faut être au moins deux.

On le sait, les choix qui ont été faits en haut lieu ont réduit et continuent de réduire de façon drastique les moyens financiers et humains d’accompagnement.

Or, il y a fort à craindre que, bientôt, si rien ne change, il n’y ait plus que les personnes en besoin d’accompagnement qui soient là. Les associations, elles, auront disparu !

Bien sûr, tout cela n’a rien de spectaculaire ni de télégénique. Il est donc facile de fermer les yeux ou, pour le moins, de ne pas les ouvrir.

Oui, les associations d’éducation populaire sont en grand danger !

Si ceux qui ont -ou vont avoir- un pouvoir de décision et d’action ne se positionnent pas et n’agissent pas, le futur proche du mouvement associatif devrait ressembler à un grand cimetière dont les allées seront recouvertes d’une terre qui ne sera plus que poussière, celle de la démocratie en train de mourir.

Pourtant, c’est incontestable, c’est dans la capacité d’une société à accompagner ceux qui en ont besoin que se mesure sa force à aller, sans crainte, vers une démocratie apaisée et constructive.

Une autre interrogation : que dire de ces trop nombreuses collectivités qui font seulement référence, pour leurs choix de prestataires pour classes de découverte ou séjours vacances au système de l’appel d’offre ?

Avec, comme unique référence, le choix du moins disant.

Alors, bien sûr, les associations d’éducation populaire qui tiennent à présenter des projets où qualité pédagogique et valeur citoyenne de l’accueil ont un véritable sens… mais aussi un coût, se voient laissées au bord de la route au bénéfice d’entreprises -parfois déguisées en prétendues associations- qui ont pour seule devise « soyez tranquilles, nous sommes là pour vendre le bonheur qu’aimeront consommer les élèves. »

Dans cette démarche de ces trop nombreuses municipalités, quelle place est laissée à l’éducation, à la pédagogie, au choix de l’enseignant et au sens qu’il veut donner à son séjour ?

De telles démarches ne valident-elles pas la notion de consommation avec tout ce que cela représente de régressif quant à la mission d’éducation qui est celle de l’école et qui est celle des associations d’éducation populaire ?

Alors, oui, je le dis avec force, on ne peut se bercer de mots d’un côté et accepter le système ultra-marchand -et ses dérives- de l’autre… tout en laissant de côté les associations qui œuvrent au quotidien pour une éducation citoyenne de qualité, ouverte à tous.

Il me semble, aussi, utile que nous nous demandions, ensemble, élus et responsables associatifs, quel type de relations nous souhaitons avoir.

Une alternative, deux possibilités s’offrent à nous : soit l’un est l’outil, l’instrument de l’autre ; soit les deux sont partenaires et construisent, ensemble, des projets qui pourront satisfaire les aspirations, la raison d’être et les convictions de l’un et de l’autre.

Actuellement, le positionnement n’apparaît pas toujours clairement, aussi bien d’un côté que de l’autre.

Pour certaines associations, l’élu -et la collectivité qu’il représente- serait une simple machine à valider, sempiternellement, des subventions et autres aides qui n’auraient d’autre objectif que de permettre à l’association de perdurer ; un peu comme survit un plant de tomate andalou cultivé en hors-sol et nourri, artificiellement avec un goutte-à-goutte peu ragoutant.

La finalité de cette relation ne vise pas, soyons-en convaincus, un développement et une pérennisation de l’éducation populaire.

D’un autre côté, pour certains élus, les associations -et leurs dirigeants- seraient des outils qu’ils leur arriveraient d’instrumentaliser pour transmettre une image qu’ils veulent progressiste, sociale, voire près des jeunes.

Pour cela, rien de plus simple : on s’affiche sur quelques photos, on prononce quelques discours empreints de bonnes intentions… et, dès que la porte est refermée, on oublie les nécessités et les exigences du quotidien auxquelles ont à faire face les bénévoles et les salariés de ces associations.

De cette dichotomie que l’on rencontre malheureusement trop souvent, provient une certaine méfiance -j’ai failli dire défiance- mutuelle.

Et pourtant, en ces temps ou l’éducation populaire et citoyenne est vraiment malmenée et oubliée, il est temps que chacun prenne ses responsabilités et donne corps à ses convictions.

Ensemble, nous avons un chemin à parcourir pour que les jeunes et leurs familles puissent accéder, pleinement, à leur rôle de citoyens dignes, engagés, responsables et sereins !

Ensemble, nous avons tant à faire.

Jacques Desbordes

Président Les PEP 33

Pour Jouanno, la « droitisation » de Sarkozy est « un mirage douloureux »

Mardi 24 avril 2012

Chantal Jouanno récidive. L’ancienne ministre des sports de Nicolas Sarkozy a de nouveau pris ses distances avec la droitisation du discours du président sortant. Dans un entretien au Point.fr, lundi 23 avril, elle explique même « craindre que la droitisation ne soit qu’un mirage douloureux ». Cette ancienne proche du président de la République ne cesse depuis le soir du premier tour d’exprimer son désaccord avec la tentative du candidat de raccrocher les électeurs du Front national pour le second tour.

La sénatrice UMP de Paris a fait également entendre sa voix sur Public Sénat en déclarant : « Je ne pense pas que la réponse soit dans la droitisation de nos propres idées ». Elle répète son message le même jour dans une interview au site du Point. « Dans les prochains jours, j’appelle de mes voeux un discours beaucoup plus équilibré dans le choix des thèmes de campagne et dans les mots utilisés. La droite doit rester elle-même et porter ses propres valeurs qui sont celles de la méritocratie, du travail, de l’autorité – et cela va de pair avec le respect – de la compétitivité, de la croissance écologique », insiste la conseillère régionale d’Ile-de-France.

Elle n’est pas la seule dans la majorité à demander « un discours plus équilibré ».