Les maires des petites villes inquiets face à la montée de la demande sociale

L’Association des petites villes de France (APVF) publie les résultats d’un sondage par questionnaire, réalisé auprès de ses membres et consacré aux « Effets de la crise sur les politiques sociales des petites villes ». Bien que l’étude ne soit pas exempte de certains biais méthodologiques (comme un déséquilibre entre les items négatifs et les items positifs dans les réponses proposées au choix du répondant), elle n’en apporte pas moins des enseignements intéressants sur l’état d’esprit des élus des petites villes. Menée du 1er au 21 décembre 2011 auprès d’un échantillon de 200 personnes, représentatif des maires de communes françaises de 2.500 à 20.000 habitants, l’étude montre une nette montée de l’inquiétude face aux conséquences sociales de la crise, même si cette inquiétude ne semble pas se traduire dans les actions mises en œuvre par les communes.
Ainsi, 56% des élus interrogés ont le sentiment d’une montée importante des phénomènes de précarité dans leur ville, tandis que 22% ont perçu une telle montée mais estiment qu’elle s’est stabilisée et que 18% n’ont pas encore perçu le phénomène mais estiment sa survenue probable. Seuls 3% des répondants déclarent n’avoir pas perçu de montée des phénomènes de précarité. De la même façon, 58% des élus estiment que l’état du financement de leurs actions sociales est « préoccupant » et 10% « extrêmement préoccupant ».

Un moindre soutien de la part des partenaires

Cette forte inquiétude s’explique sans doute par le sentiment que les partenaires habituels des petites villes commencent à se dérober. Ainsi, 63% des répondants disent constater un affaiblissement du soutien de la caisse d’allocations familiales (45% d’affaiblissement limité et 18% d’affaiblissement important). Les résultats sont assez proches – en un peu moins pessimistes – pour ce qui concerne le soutien apporté par le département : 45% (27 + 18) ont le sentiment d’un affaiblissement, tandis que 37% ne ressentent pas un tel affaiblissement, mais ont le sentiment qu' »il est à prévoir ».
Interrogés sur les secteurs de l’action sociale qui leur causent le plus de difficultés, les élus citent en premier lieu l’accompagnement vers l’insertion et l’emploi (29%) et les actions touchant au logement (27%). Viennent ensuite l’aide alimentaire et la connaissance des besoins sociaux (16% chacun), puis l’accompagnement des personnes âgées et des personnes handicapées (respectivement 8% et 3%). En matière de conduite des actions sociales, les principales difficultés citées par les élus sont l’accès aux personnes en difficulté (31%), la collecte des financements (29%) ou encore la coordination avec les autres acteurs institutionnels (22%). Sur ce dernier point, les élus communaux sont partagés sur les solutions à apporter : 35% d’entre eux préconisent de donner davantage de poids au département, 34% recommandent de se diriger vers « une intercommunalité sociale renforcée » et 23% proposent de redéfinir précisément le rôle de l’Etat en matière sociale.
Le climat semble donc pour le moins pessimiste. Pourtant, interrogés sur les subventions qu’ils verseront en 2012 aux associations de leur commune agissant dans le domaine social, les élus répondent à 80% qu’elles seront stables, 10% qu’elles seront en hausse, 7% en légère diminution et 2% en forte diminution…

Jean-Noël Escudié / PCA

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